Œuvre de Frida Kahlo

La colonne brisée a été peinte par Frida Kahlo en 1944, après avoir subi d’innombrables opérations chirurgicales qui l’avaient rendue inapte à enseigner et l’avaient contrainte à de longues périodes d’hospitalisation. Frida était un professeur extraordinaire et tant qu’elle a pu se rendre à l’Académie, son travail avec les élèves a été très fructueux. Pour elle, la peinture était une action et elle encourageait souvent les étudiants à quitter l’institution et à se plonger dans la vie réelle, en peignant des objets et des personnes qu’ils voyaient dans la rue.

Analyse du cadre

Il n’a jamais critiqué leurs peintures mais a plutôt essayé de stimuler en eux l’autocritique nécessaire pour comprendre ce qu’ils attendaient vraiment de leur art. Mais malheureusement, en raison de douleurs dorsales, il a dû interrompre ces séances. Cependant, il n’a pas voulu rompre ses relations avec les étudiants et a décidé de poursuivre, bien que de manière moins assidue, les cours dans sa maison de Coyoacán.

La douleur l’a obligée à rester au lit pendant de nombreuses heures. Et c’est à cause de ces terribles douleurs qu’elle a décidé de réaliser La colonne brisée.

Du menton à l’aine, le corps de Frida Kahlo semble déchiré par une violente déchirure du torse, qui semble n’être retenu que par le corset blanc. À l’intérieur de l’entaille, nous voyons une colonne ionique brisée en plusieurs endroits.

Que représente la colonne ?

La colonne représente la colonne vertébrale, qui ne peut plus tenir Frida debout et qui, en fait, à cette époque, est obligée de rester allongée pendant de longues heures. Les fentes et les lacérations de son corps trouvent une réverbération dans le paysage derrière sa figure.

C’est un paysage désolé, sillonné de fissures qui rappellent à quel point la souffrance intérieure affecte la façon dont nous nous sentons et percevons notre environnement. Le corps de Frida est ponctué de dizaines de clous enfoncés un peu partout et qui rappelleraient, selon certains interprètes, le martyre de saint Sébastien.

En tout cas, la souffrance, qui est reprise par plusieurs symbologies, est pour l’artiste une manière d’exprimer sa propre douleur qui devient martyre, son martyre, qui n’est pas un sacrifice, conséquence de la foi et de l’amour pour le Christ, mais qui rappelle, au contraire, la souffrance des martyrs à tel point que l’iconographie chrétienne est rappelée dans ce tableau par le linceul blanc qui enveloppe Frida et, comme nous l’avons dit, par les clous qui lui transpercent tout le corps.

Frida Kahlo, en effet, n’était pas croyante et soutenait les positions anticléricales de la majorité des intellectuels mexicains, mais elle savait bien à quel point la foi catholique était répandue dans la population mexicaine. Après la révolution, toutes les églises avaient été fermées mais la religion catholique était encore très présente dans les familles mexicaines. Ainsi, dans son œuvre “La colonne brisée”, Frida utilise les symboles et le langage figuratif du christianisme pour communiquer sa douleur.